Voici la table-ronde sur la PAC 2013 qui a eu lieu à AINHICE-MONGELOS(64) Pyrénées Atlantiques, non loin de St Jean-Pied-de-Port le 15 avril 2011 dernier.
L'enregistrement intégral de la table ronde est en écoute en trois parties sur le site d'EHLG:link ou sur http://www.ehlgbai.org/conferences-et-entretiens
LA PAC ET LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE
Contribution du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement
(CCFD-Terre Solidaire)
Table ronde du 15 avril 2011 à Ainhice Mongelos
Quel peut être l’impact de la PAC sur la souveraineté alimentaire, tant au Nord qu’au Sud ?
Rappelons tout d’abord ce que l’on entend par « souveraineté alimentaire » : c’est le droit des populations et de leurs états à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis-à-vis des pays tiers, c'est-à-dire sans que les prix de vente sur les marchés extérieurs soient inférieurs à ceux du marché national, voire même inférieurs aux prix de revient.
Depuis de longues années, et en solidarité avec de nombreuses organisations, parmi lesquelles la Confédération Paysanne, le CMR (Chrétiens en Monde Rural), les Amis de la Terre et la CSF (Confédération Syndicale des Familles), le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire demande une réorganisation des politiques agricoles en Europe et dans le monde, afin de garantir le droit à la souveraineté alimentaire et le respect des agricultures paysannes.
Il faut rappeler que dans le monde, ce sont principalement les paysans (environ 600 millions) qui souffrent de la faim !
Les peuples des pays en développement souffrent en premier lieu du déficit de soutien et de protection des producteurs, qui nuit à leur capacité de se nourrir. Dans ce contexte la PAC peut jouer
un rôle négatif, par le biais des ses exportations et aussi de ses importations.
En effet, le mythe de la "vocation exportatrice" de l'Europe a, par le biais de subventions aux exportations, permis l'écoulement à bas prix des surproductions de certaines de nos filières (blé,
lait, viande,...). Cela a ruiné des millions de petits paysans dans les pays du Sud, dont le niveau de productivité peut être 100 fois inférieur au nôtre et qui n'arrivent pas à tirer un revenu
de leurs activité agricole.
Nous nous rappelons la campagne « l'Europe plume l'Afrique » que le CCFD-Terre Solidaire a menée il y a quelques années afin de dénoncer la ruine de paysans africains lorsque les
Européens ont touché des subventions pour vendre en Afrique, à des prix inférieurs aux prix locaux, des bas morceaux de poulet congelés !
Sont également mises en place certaines politiques d'importation massive ; deux exemples:
- les protéines végétales (soja par exemple) largement importées notamment d'Amérique du Sud. Les pays européens ont fait le choix d'importer leur alimentation animale plutôt que de soutenir leur propre production (les surfaces en légumineuse sont passées de 3 millions d'hectare en 1960 à 632 000 en 2007). Ce « marché » a encouragé de grandes entreprises à acquérir de vastes domaines fonciers.
- les agrocarburants : la législation européenne mettant un objectif obligatoire d'incorporation dans les carburants de 10%, excédant la capacité de production européenne, on a eu recours aux importations depuis les pays en développement, où, bien souvent, l'intérêt des petits producteurs locaux ne peut pas rivaliser avec la rentabilité des grandes exploitations...
Ces importations menacent également la souveraineté alimentaire européenne, mettant en péril la diversité des cultures et favorisant alors des « spécialisations » régionales.
En pleines discussions pour la réforme à l'horizon 2014-2020, il faut que l'Union Européenne fasse preuve de cohérence dans ses politiques pour une PAC respectueuse des paysanneries du monde et
de la souveraineté alimentaire, qui soit un exemple et non plus une menace...





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